Primaire socialiste : le théorème du candidat-parapluie*

Publié le par Rénover Maintenant 21

parapluiePetite comptine politique pour les enfants de 2012, qui feraient bien de s’en souvenir. François-Xavier Petit développe le théorème du candidat-parapluie.

(*Source :marianne2.fr)

Connaissez-vous le théorème du candidat-parapluie ?

Le candidat-parapluie, c’est d’abord celui qui abrite, qui donne l’impression (sondagière) qu’il va faire gagner son camp. Tout glisse sur lui, les attaques des adversaires et les problèmes du moment comme les gouttes sur les plumes d’un canard. A côté de lui, certains autres candidats se noient déjà dans un verre d’eau. Le candidat-parapluie fait le dos rond ; rien ne l’éclabousse – il faut dire qu’il ne se mouille pas beaucoup. Il se présente comme celui qui mettra à l’abri son camp, se disant qu’un Président détrempé n’inspirera plus confiance. 
La cote de confiance de celui-ci, justement, a pris l’eau et tout le monde sait qu’il a trempé dans les eaux troubles de la compromission avec les grandes fortunes de l’argent, à bord de yachts qui mouillaient, eux, dans les eaux claires des paradis marins, pendant que la pluie des problèmes ruisselait sur les Français. Le candidat-parapluie, lui, reste bien au sec, porté par les médias qui disent qu’il passe entre les gouttes. Et si c’était lui ou elle ? L’affaire est entendue, voilà que notre candidat-parapluie gagne les primaires. 

Il est désormais le candidat à l’élection présidentielle et paraît d’un coup tout petit sous son parapluie. Mais l’orage redouble. Le Président détrempé par le déluge des mauvais sondages et des frasques passées sort tout à coup la tête de l’eau et apostrophe le candidat-parapluie. « Dis donc, pendant que je me débats avec les problèmes des Français, de la retraite au pouvoir d’achat en passant par la crise financière et celle de la dette grecque, tu m’as l’air bien au sec, candidat-parapluie ! ». « Pour ma part, j’ai connu quelques avaries, pris l’eau par tous les bouts ; je n’ai pas tout réussi, mais j’ai fait telle réforme et puis telle autre et encore telle autre ; j’ai gardé le navire à flot pendant la crise financière. C’est vrai que j’ai pris des vagues dans la figure, mais ça apprend à naviguer ». Et toi, candidat-parapluie, tu as fait quoi, en dehors de dire que j’étais très méchant ? 

D’un coup, le vent souffle plus fort sur le candidat-parapluie. Lui qui marchait sur l’eau prend rapidement conscience qu’il faut se mouiller. Catastrophe, le parapluie ne flotte pas. Et la cote de confiance du Président remonte lentement comme la mer. Et le vent souffle désormais bien plus fort que pendant la primaire ; c’est le vent des marchés, des intérêts de l’argent et de leurs médias attitrés. Il s’engouffre même dans le parapluie et souffle si violemment qu’il le retourne. Progressivement, la toile se déchire, alors que le premier tour approche. Et plus ça va, plus le candidat-parapluie prend l’eau. Au matin du débat de l’entre-deux-tours, il ne reste plus que les baleines du parapluie (qui semblent échouées sur la plage) et le manche désuet du candidat-parapluie, qui finit lui-même par passer pour un manche. Le second tour ressemble à la douche écossaise. Ceux qui s’étaient crus abrités pleurent sous l’averse – il paraît même que certains ont bu la tasse avec leurs larmes.
 
La morale de cette histoire ne fait pas de doute,
Méfiez-vous des parapluies, quoi qu’il en coûte,
Ils sont le refuge précaire d’une gauche apeurée
Rassurée au présent mais obérant l’avenir.
Ils sont châteaux de cartes quand il faudrait bâtir ;
Au terme de la joute, l’espérance est fanée.
A se précipiter sur l’ombre d’un espoir,
Nous laissons échapper la véritable victoire,
Ne courez plus après les auspices médiatiques,
Prenez de l’avance dans un monde frénétique :
Une pensée solide quand le vent soufflera
Une grande alternative qu’on ne balayera pas
Une force qui va, qui met en cohérence
L’ensemble des pièces de la nouvelle France.
Choisissez maintenant une force qui va
Et grandit en marchant, et s’affirme en pensant,
Plutôt que la bulle qui se dégonflera,
Plutôt que le parapluie qui n’abritera pas
Quand les sondages se tassent, les idées ne bougent pas
Quand les medias se lassent, le projet tient le cap
Il est talisman. Le parapluie prend la trappe.
On croise des parapluies de toutes sortes,
Creux mais souriants,
Classiques et décevants
Normaux mais sans allant
Rangez-les soigneusement au vestiaire socialiste,
Ils sont vos illusions. Pour gagner, ils sont courts
L’alternative est là, prête à entrer en piste
La force des idées, une vision d’avance
Le courage et l’éthique, symboles d’espérance
Il manque une rime en our, ce sera Montebourg
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Jean sous sa Fontaine

Mardi 9 Août 2011
François-Xavier Petit - Tribune


Publié dans PRIMAIRES POPULAIRES

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