Où en est le débat sur les classes sociales?

Publié le par Rénover Maintenant 21

classes copieCe mercredi soir 16 décembre, le Laboratoires des Idées et les Entretiens de Solférino organisaient un débat sur le thème « Où en est le débat sur les classes sociales ».


Christian PAUL, qui animait les débat, avait réuni autour de lui, Gaël BRUSTIER, politologue, co-auteur de « Recherche le peuple désespérément », Isabelle COUTANT, sociologue, co-auteur de « La France des petits-moyens », Stéphane ROZES , enseignant à Sciences-po et HEC et Camille PEUGNY, sociologue et auteur de « Le déclassement ».


La salle Marie-Thérèse Eyquem du 10 de la rue de Solférino était bien remplie.


Christian PAUL introduisait le débat en posant trois questions essentielles : dans quel sens peut-on parler de classes sociales aujourd’hui, quelle est la bonne photo de la société française ? Comment décrire les transformations qui bouleversent la société  et quels sont leurs effets ? Que produit cette analyse pour le P.S. et la démocratie ?


Camille PEUGNY  s’est attaché à démontrer qu’avec les « 30 Glorieuses » et l’augmentation du niveau de vie on a assisté à une « moyennisation » de la société française et à l’émergence d’une constellation centrale qui en faisait le dynamisme.
 

Cette situation a, peu à peu, fait disparaître la conscience de classe pour cette classe populaire constituée d’ouvriers et d’employés où la jeune génération n’a pas la culture ouvrière de ses aînés et où il y a de moins en moins de cohérence. En revanche les hauts revenus savent s’organiser pour défendre leurs intérêts !


L’étude menée par Isabelle COUTANT sur un quartier de la commune de Gonesses à la charnière entre la banlieue difficile et les quartiers résidentiels, illustre cette situation. : avec la mobilité sociale ascendante, les ouvriers sont devenus cadres moyens et aspirent à adopter les modes de vie des classes moyennes.

En termes de comportement politique, cette évolution a pu générer un vote à droite (FN et UMP) mais le premier vote ouvrier est l’abstention.

Le contexte actuel crée, dans cette constellation centrale, la peur du déclassement et de tomber dans la précarité, la pauvreté et dans l’exclusion.
 

Gaël BRUSTIER a démontré que la globalisation financière avait pesé sur la notion de classe du fait de son influence sur la localisation de l’activité et avait généré la France du péri-urbain qui trinque , le France de la mobilité imposée et de l’inégalité territoriale. Il en conclut qu’il ne faut pas courir après le peuple comme l’a fait SARKOZY pendant sa campagne de 2007 mais relancer la thématique de l’égalité.
 

Stéphane ROZES concluait en affirmant l’existence des classes sociales à l’intérieur desquelles  se manifeste un anti-libéralisme idéologique mais pas un anti-capitalisme politique. Les ouvriers et les employés font les élections et non les classes moyennes, c’est le retour de la question sociale.

Soirée d’une haute tenue qui montre que le P.S. est au travail, et que le débat d’idées existe !

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