MBF Technologies ou les difficultés de la sous-traitance automobile

Publié le par Rénover Maintenant 21

Dans sa question adressée à Arnaud Montebourg le 25 juillet 2012, Marie Christine Dalloz accuse le gouvernement de passivité face aux difficultés financières rencontrées par MBF Technologies (anciennement fonderie Manzoni Bouchot) rachetée récemment  par Metaltemple

Je connais très bien cette société et le secteur de la fonderie pour avoir travaillé pendant 4 ans dans une société concurrente près de Lyon (Florence-et-Peillon devenu FP alu)

Le problème est beaucoup profond qu'il n'y parait. Les fondeurs de pièces aluminium pour l’automobile parmi d'autres fournisseurs subissent depuis des années, la loi des prix de tous les constructeurs français et étranger (il est beaucoup plus facile pour eux de chercher des marges sur le dos de ses fournisseurs plutôt que de faire des économies dans ses propres usines).

Tout les moyens sont bons :

- Commandes traitées à la limite de la rentabilité avec gains de productivité programmés sur plusieurs années ;

- Facturation de sommes exorbitantes en cas d'arrêt de chaîne (invérifiable) ;

- Développement de nouvelle pièce en France puis transfert chez d'autres fondeurs dans les pays à bas coût d'Europe de l'est ;

- Incitation à délocaliser en Turquie, Hongrie, Pologne, etc.

PSA met le sujet de la production automobile française dans le débat actuel mais il ne faut pas tout confondre : les constructeurs d'une part et les sous-traitants de l'autre.

La concurrence entre sous-traitants français dans la production de pièce de fonderie à toujours été virulente jusqu'à épuiser les entreprises. Depuis un dizaine d'années, on ne compte plus les dépôts de bilan, les rachats d'entreprises par ceux qui restent :

- Reprise de la fonderie Duranton Sicfond par St jean industries en 2005 puis fermeture du site en 2009 et transfert des machines en Croatie avec le soutien de l'état et de son ministre de l'époque : Éric Besson ;

- Reprise du groupe Valfond par Rencast en 2003 repris lui même par un groupe Stéphanois GMD en 2009  ;

- Reprise de Manzoni Bouchot par le groupe Arche en 2007  ;

- Reprise de Florence et Peillon par GMD en 2010 .

- Reprise de fonderie du Poitou en 2012 par St jean industries, suscitant la polémique des employés suite au rachat de la fonderie Duranton (voir plus haut )

Bien souvent, les repreneurs prennent le contrôle des ses entreprises en redressement judiciaire pour le prix de leur actifs dévalorisés (les presses d'injection son très coûteuses).  

Avant la reprise par le groupe arche, MBF a cru pouvoir s'en sortir en pratiquant des prix en dessous du prix de revient sur de nombreuses fournitures, en contre partie d'un gros marché. A l'époque, nous étions au courant des prix pratiqués par MBF lors d'appel d'offre, face à d'autres fournisseurs européens: nous n'aurions jamais pu produire à de telles conditions tarifaires. D'ailleurs notre directeur n'envisageait pas mettre l'entreprise en péril avec ces méthodes.

J'ajoute le débauchage massif par MBF de cadres et techniciens chez Florence-et-Peillon ,Rencast et d'autres à coup de voitures de fonction et de salaires ministériels.

La situation de MBF était malheureusement prévisible depuis longtemps sauf à renégocier tous les contrats de fourniture, ce qui est impossible.

Souhaitons bonne chance au repreneur qui devra faire tourner des ateliers dont les machines n'ont pas été entretenues depuis des mois.

Dans notre bassin économique, KOYO (anciennement Peugeot) ne fait pas figure de privilégié et pourrait bien avoir à subir des réductions d'effectifs dans les mois à venir.

 

Lionel CANAC

Publié dans LA ROSE ET LE RESEDA

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Henri 29/07/2012 20:49


On peut voir la question posée par Marie Christine Dalloz et la réponse d'Arnaud Montebourg :


http://www.dailymotion.com/video/xse8m1_question-de-marie-christine-dalloz-a-arnaud-montebourg-plan-automobile-mbf-technologies-25-juillet-2_news?fbc=373


 

Yalcin Nail 29/07/2012 04:01


je tiens a vous remercier de cette article, tout d'abord je suis étonné que Madame DALLOZ député UMP de la circonscription de Saint Claude c'est inquiété du sort des MBF et elle ose intervenir au
parlement pour la 1ère fois au sujet de MBF, après 13 mois de procédure de redressement, mais ou était elle durant cette période? avait elle peur d'intervenir lors du gouvernement précédent, qui
était sont quand quand même!! Madame, les MBF avait besoin de vous dès le premier jour, maintenant ils n'ont plus besoin de vous, leurs sentences à été donnée c'est 181 licenciements subit dans
votre bassin d'emploi qui est déjà très impacté par la casse de l'emploi (hier c'était SMOBY, aujourdhui c'est MBF, et demain c'est qui BOURBON!!). Bonjour Madame vous vené de vous reveiller.


Elle n'a pas tord quand a la pasivité du gouvernement sur le dossier, certe c'est 250 emplois de sauvés, pour une entreprise ou tous les acteurs, les constructeurs, l'actionnaire, l'état, avait
décider de la fermer,  mais le nouveau gouvernement aurait pu faire plus en solicitant les constructeurs francais a remettre la charge de travail que l'actionnaire précédent a volé de MBF,
cela aurait pu sauver une centaine d'emploi en plus, ils ce sont contenté du minimum.


rien a dire sur la réponse de  Mr Montebourg il connait très bien l'historique de MBF,et le milieu de la fonderie en France.

Rénover Maintenant 21 28/07/2012 20:47


Merci pour ce témoignage