LES PRIMAIRES : LE DEBAT NECESSAIRE

Publié le par Rénover Maintenant 21

les-candidats-aux-primaires-citoyennesVoilà, depuis le 20 juillet, nous connaissons les candidats P.S. aux primaires: il y en aura donc 5 : Arnaud MONTEBOURG, Martine AUBRY, Manuel VALLS, François HOLLANDE, Ségolène ROYAL, auxquels il faut ajouter Jean-Michel BAYLET pour le PRG.

La période qui s’engage est historique, elle est essentielle pour le P.S., pour la Gauche et pour la France. De la réussite de ces primaires dépend l’avenir du P.S., il n’est donc pas question de les galvauder, d’esquiver les débats de fond et de les résumer à un combat de personnes, à un combat d’ego.

Les 5 candidats ont tous les qualités personnelles nécessaires pour représenter le P.S. à l’élection présidentielle de 2012. Le jugement ne doit pas se faire sur tel ou tel critère attaché à la personne, le nombre de postes ministériels occupés, l’expérience d’une campagne présidentielle ou non, son âge …, mais bien sur les idées.

Il semble que dans les médias, mais aussi, il faut le constater, parmi certains militants du P.S., on n’ait pas encore bien pris toute la mesure de ce que représentent ces primaires, il ne s’agit pas de la préparation d’un nième congrès où des ralliements se font et se défont et d’où sortirait une synthèse molle, une tisane tiède pour reprendre des expressions utilisées naguère.

Arnaud MONTEBOURG a mis sur la table la notion  de « démondialisation », c’est, pour le peuple, pour la gauche, ce qui doit constituer l’axe central du débat pour la présidentielle de 2012, c’est sur cette ligne que se fera le clivage.

Etre contre la démondialisation, c’est considérer que  « la concurrence non faussée entre économies  à standards salariaux abyssalement différents*» est une bonne chose.

Etre contre la démondialisation, c’est accepter «la menace permanente de délocalisation* », Etre contre la démondialisation  c’est  admettre «la contrainte actionnariale exigeant des rentabilités financières sans limite, telles que leur combinaison opère une  compression constante des revenus salariaux* » et «  le développement de l’endettement chronique des ménages qui s’en suit* ».

Etre contre la démondialisation, c’est accepter « l’absolue licence de la finance de déployer ses opérations spéculatives déstabilisatrices, le cas échéant à partir des dettes portées par les ménages* ».

Etre contre la démondialisation  c’est approuver « la prise en otage des pouvoirs publics sommés de venir au secours des institutions financières déconfites par les crises récurrentes ; le portage du coût de ces crises par les chômeurs, de leur coût pour les finances publiques par les contribuables, les usagers les fonctionnaires et les pensionnés ; la dépossession des citoyens de toute emprise sur la politique économique, désormais réglée d’après les seuls desiderata des créanciers internationaux et quoi qu’il en coûte aux corps sociaux* ».

Enfin, être contre la démondialisation, c’est renoncer aux valeurs de la Gauche, c’est se résigner.  

Arnaud MONTEBOURG a pris clairement position dans son livre « Votez pour la démondialisation !», c’est de tout cela qu’il ne veut plus, c’est de tout cela que nous ne voulons plus.

Ce débat là, il doit avoir lieu devant et avec les français.

En 2012, Il s’agira, bien sûr de battre SARKOZY, mais il s’agira aussi et surtout d’en finir avec un neo-libéralisme dévastateur et de construire une Nouvelle  France : alors ne nous laissons pas voler les vrais débats, ne nous laissons pas voler les primaires que les militants ont voulues !

 

*Frédéric LORDON « Comment rompre avec le libre-échange – La démondialisation et ses ennemis » « Le Monde diplomatique » - Août 2011

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