Les économistes atterrés à DIJON

Publié le par Rénover Maintenant 21

Dans le tour de France qu’ils ont entamé, suite à leur récent manifeste, les « économistes atterrés » étaient mardi 12 avril à Dijon. Extraits

D’où vient la crise ?

La crise, celle de 2007-2008, a deux explications possibles.

Pour les économistes orthodoxes, ou libéraux, la crise est un accident du système : le marché a mal fonctionné.

Pour nous, économistes hétérodoxes, il y a crise parce que, dans son essence même, le marché est facteur de crise.

La thèse centrale des libéraux c’est « le marché est tout-puissant ».

Sur le papier, ça se tient ! L’argent, l’épargne, s’ils sont totalement libres, vont se porter vers les marchés les plus performants, vers les entreprises les mieux gérées.

Mais dans la réalité, il en va tout autrement. Car la logique qui règne  dans les marchés est la logique financière ou spéculative : l’argent va où il pense que tous vont aller.

Nous constatons, nous économistes hétérodoxes, que plus le marché est libéralisé, plus il y a de crises. Et ceci depuis plus de trente ans.

La crise vient de loin.

Pendant les « Trente Glorieuses » (1945 – 1975), on était dans le cadre de l’Etat social : le marché ne réglait pas tout. Il ne s’agit pas de dire que ces trente années ont été un âge d’or ; mais certaines règles avaient été posées. On savait depuis la fin du XIX° siècle que le marché ne sait pas assurer le plein emploi,  contenir les inégalités, maintenir la stabilité économique.

Mais on a oublié tout cela lors du « tournant de la rigueur » : les libéraux ont repris la main. Ils ont remis en cause l’Etat social. Ils ont lancé :

  •          Le libéralisme financier
  •          Le libre-échange généralisé
  •          L’austérité salariale.

La clé de voute de l’opposition entre les libéraux et nous est là : eux pensent « le marché est tout-puissant» ;  nous pensons, nous, qu’il n’en est rien.

D’où vient la dette ?

A leurs yeux : « l’Etat dépense trop »

A nos yeux : « Les recettes de l’Etat sont trop faibles ».

Le problème de la dette publique  n’est pas qu’elle existe, mais à quoi elle tient, à qui elle sert.

Sous les Trente glorieuses, la dette servait à soutenir l’activité économique : c’était une dette keynésienne.

Actuellement, la dette vient d’une diminution des recettes : dette monétariste.

Pour la réduire, il existe deux leviers :

  •          Réduire les cadeaux fiscaux, faire payer les riches. N’ayons pas peur : à son époque, Roosevelt, Président des USA, avait mis un taux de 90% sur la dernière tranche d’imposition des riches.
  •          Une politique vigoureuse de relance.

L’Union Européenne s’est lancée à fond dans le libéralisme le plus outrancier.

Les USA, eux, sont pour le plein emploi ; leurs plans de relance sont cent fois plus forts que les nôtres. Il est assez paradoxal que nous en venions à prendre en modèle les USA pour critiquer le libéralisme  de l’UE. La Banque Centrale US rachète directement les titres d’emprunt publics ; il faut que l’UE elle aussi se mette à racheter les dettes des pays enropéens.

La démondialisation.

Sur ce point, nous sommes en accord avec les thèses d’A Montebourg. Il faut démondialiser. Il faut arrêter de produire pour exporter. Le « pacte de compétitivité » consiste à mettre la concurrence au sein de l’Europe : installer l’austérité afin de tirer la croissance, pour exporter. On veut piquer des parts de marché aux autres pays européens, tout en disant « Vive l’Europe ! ».

 

 

 

 

 

Publié dans DES IDEES ET DES REVES

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