La réforme des retraites : qui a gagné, qui a perdu ?

Publié le par Rénover Maintenant 21

Tout a été dit ou presque sur la séquence qui vient de s’écouler à propos de la réforme du système de retraites. Méthodiquement, obstinément et par pure idéologie, SARKOZY détricote tous les acquis sociaux hérités du Conseil National de la Résistance et des réformes  des gouvernements de gauche. 

Qui a gagné, qui a perdu ?  

Du point de vue institutionnel, il ne semble faire aucun doute que c’est bien le pouvoir qui l’a emporté, la loi est votée et sera promulguée. Comment aurait-il pu en être autrement, étant majoritaire dans les deux assemblées?

Seul le Sénat aurait pu modifier le cours des choses, mais l’avidité et une certaine lâcheté des sénateurs centristes ne l’a pas permis. Mais cela vaut pour l’ensemble des élus de la majorité, SARKOZY ayant bien joué en lançant l’annonce d’un remaniement ministériel après l’adoption de la réforme. De fait, à titre individuel ou par intérêt de groupe tout le monde a fait corps derrière le chef de l’Etat : ces gens là ont, au passage, donné une bien piètre image du parlement.  

En revanche, la rue, prise au sens de l’opinion publique, a, sinon gagné, en tout cas formidablement évolué partant de la problématique des retraites pour aller vers une vision de la société dans sa globalité.  

Avant l’été, tout semblait plié et le pouvoir s’appuyant sur des enquêtes d’opinion, certes menées par « Le Figaro », nous disait qu’une majorité des français était pour sa réforme du système de retraites et acceptait de travailler 2 ans de plus.  

Et au fil des semaines et des manifestations une prise de conscience a eu lieu dans l’esprit des français et qu’au-delà d’une soit disant réforme du financement des retraites c’était bel et bien d’un enjeu de société dont il s’agissait et c’est pourquoi les jeunes se sont sentis concernés y compris dans les lycées.  

La majorité a voulu minimiser, mépriser, voire ridiculiser s’agissant des lycéens et des étudiants, l’importance des manifestations, se focalisant sur le nombre de participants alors qu’il fallait avoir un regard qualitatif sur ce mouvement et analyser la composition des cortéges.

  La durée du mouvement a permis les explications nécessaires et les français qui travaillent ont pu apprécier la réalité de la réforme. De ce point de vue les syndicats, dans la rue, et les politiques de gauche, au parlement, ont eu raison. Nul doute que si un vote populaire était intervenu une large majorité se serait dégagée contre cette réforme, comme cela s’était produit lors du référendum sur le traité relatif à la constitution européenne.  

Contre cette réforme, car les français ne sont pas contre la réforme des retraites ni contre les réformes en général, ils sont contre la régression.  

La majorité actuelle qualifie de courageuse son action en matière de réforme : est-ce vraiment courageux de faire peser les efforts nécessaires sur les plus faibles et de se coucher devant les banques et les marchés financiers ?  

Une certitude, ceux qui ont pour l'instant perdu, ce sont les travaileurs, ceux qui ont commencé jeunes, ceux qui ont effectué des travaux pénibles et les femmes.  

La gauche doit donc tirer les enseignements politiques de ce qui vient de se passer car ce n’est pas anodin et cette situation doit interpeller le P.S..

S’il est vrai que le contexte actuel est très défavorable au pouvoir et voit la côte de popularité du président de la République au plus bas, cela ne signifie nullement que l’élection de 2012 est gagnée d’avance bien au contraire le combat ne fait que commencer avec une situation économique et sociale du pays catastrophique et les attentes des français à la mesure de cette  situation.  

En 2012, les français auront, bel et bien, à faire un choix de société. Encore une fois, il ne s’agira pas d’une alternance dont les sondages nous donneront l’orientation mais bien d’une alternative au système actuel que seuls des femmes et des hommes nouveaux,  qui ont toujours porté cette  volonté, seront crédibles pour la mettre en oeuvre.

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