Céline MAGLICA :Pourquoi je défends la candidature d’Arnaud MONTEBOURG.

Publié le par Rénover Maintenant 21

  celine+arnaud

Alors que se déroule la campagne des primaires qui doit rester une confrontation d’idées et non un affrontement politique stérile entre socialistes qui nous mènerait invariablement à la défaite, une question nous est posée à nous militants mais aussi plus largement à tous ceux qui se reconnaissent dans les valeurs de gauche.

Qui est en capacité de faire gagner le PS à l’élection présidentielle et par le biais de quelles idées ?

Ma réponse est : Arnaud Montebourg.

J’ai  la chance d’avoir choisi de suivre, il y a dix ans, en 2001, les idées d’un homme auquel je peux encore accorder ma confiance et en lequel je me reconnais toujours.

C’est une vraie chance dans un monde comme le nôtre où l’on zappe, où l’on change, où l’on peut être de gauche (?) et devenir ministre d’un gouvernement de droite !

La fidélité à ses valeursla constance de ses luttes et de ses engagements (des tribunaux de commerce aux paradis fiscaux, du Non au Traité constitutionnel au concept de démondialisation) sont des vertus importantes en politique comme ailleurs.

Arnaud Montebourg a toujours cherché à aller de l’avant, à transformer, à fonder un parti rénové, une république nouvelle : il propose aujourd’hui une nouvelle France.

Je suis fière de pouvoir voter pour lui au sein de ces primaires. Primaires qu’il a initiées dans le cadre de la Rénovation qu’il portait au PS. Arnaud Montebourg est l’un des dirigeants du Parti Socialiste, il a toute  légitimité à être candidat aujourd’hui.

Sans faire ni jeunisme, ni vieillisme, il incarne, pour moi, une nouvelle génération politique, un renouveau et donc, un espoir.

Arnaud Montebourg, par sa capacité à rénover, à proposer, a toujours été pour moi, l’avenir du PS.

Je crois en sa capacité à incarner les valeurs et la politique du PS au plus haut sommet de l’Etat. On ne peut d’ailleurs guère lui reprocher de se présenter par excès de zèle à une fonction qu’il propose de réformer. Au sein d’une VI ème République, le pouvoir du chef de l’Etat serait celui d’un arbitre, le gouvernement et le Parlement disposeraient de pouvoirs accrus. On ne peut donc pas prêter de mauvaises intentions à un homme qui vise une fonction dont il veut amoindrir le poids !

Arnaud Montebourg propose des solutions nouvelles. Et il est trop facile de dire qu’il les propose parce qu’il est et restera (selon ceux qui le disent) minoritaire dans les sondages. D’abord, on commence à connaître la « valeur » de ces sondages. D’autre part, on sait que nombre de concepts ont été minoritaires avant d’emporter la majorité.

Il suffit de lire quelques ouvrages ou articles d’économistes éminents pour voir que la proposition phare de démondialisation n’est pas une baudruche.

«  L’Europe pourrait décider, si ses nations les plus importantes le voulaient, de devenir un espace de régulation économique se protégeant des importations et des délocalisations vers les pays à bas salaire. » « [Le but étant] de créer les conditions d’une remontée des salaires. » Après la démocratie, Emmanuel Todd

« Et il est possible de trouver quelque valeur à cette conclusion somme toute assez simple : si la mondialisation n’est en définitive pas autre chose que la dissolution des souverainetés par

la marchéisation de tout, alors démondialiser c’est repolitiser »

Et si on commençait la démondialisation, in le Monde diplomatique, mai 2010, Frédéric Lordon.

Qu’est-ce que la démondialisation ? Ce n’est pas un gros mot et ce n’est pas parce que la fille d’un dirigeant extrémiste s’en empare qu’il faudrait l’abandonner. Montebourg le dit mieux que moi : «  Le lepénisme est un concentré de nos renoncements . »

Démondialiser c’est limiter le libre-échange et relocaliser l’emploi et la production par le biais d’outils : protectionnisme (avec des droits de douanes), définanciarisation (régulation de la sphère financière) avec pour perspective la promotion d’une écologie… mondiale !

Ce n’est donc pas vivre en autarcie ou en finir avec la libre circulation des gens ou des idées !

Être protectionniste, ce n’est pas être nationaliste.

Taxer des produits qui viennent de pays où la main d’œuvre est de faible coût et où les salariés n’ont aucun droit c’est non seulement une manière de ré-industrialiser notre pays, de recréer de l’emploi mais aussi une manière d’ « exporter » des droits et des conditions de travail et de salaire dignes.

Ce « protectionnisme altruiste » comme le nomment certains économistes ou ce protectionnisme partagés, c’est inciter les pays émergents à respecter les règles de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) qui garantissent les conditions de vie des salariés, prohibent le travail des enfants...

Ainsi le développement se fera dans le respect de l’environnement et de l’amélioration des conditions de travail et de salaire.

On ne peut plus nous faire de grands discours sur la protection de l’environnement, nous demander d’éteindre nos lampes, de trier nos déchets ou de réduire notre consommation d’eau au moment crucial du brossage de dents et dans le même temps, laisser les grandes entreprises délocaliser leur pollution !

L’écologie doit être une problématique mondiale que l’on impose à ceux qui ne veulent pas voir l’enjeu majeur qu’elle représente. Relocaliser et inciter à respecter les règles environnementales c’est démondialiser l’économie mais mondialiser l’écologie !

Dans son ouvrage Des idées et des rêves, Arnaud Montebourg propose d’obliger les grandes entreprises à publier un rapport annuel sur l’impact social et environnemental de leurs activités. Il veut les rendre responsablesface à la loi, des dommages sociaux et environnementaux causés dans les pays où elles trouvent une main d’œuvre bon marché.

On nous dit alors que si l’on taxe aux frontières, la Chine ne nous achètera plus ni voitures, ni avions !

Tout d’abord, c’est faire preuve de peu de foi en la haute technologie française qui serait remplaçable ! De plus, la déréglementation des échanges n’est-elle pas déjà pour grande part responsable des délocalisationsde la désindustrialisation et donc de la précarisation des salariés des pays développés ? Les inégalités n’ont-elles pas augmenté de manière croissante ces dernières décennies ?

On nous dit qu’il faut espérer que cette régulation se fasse au niveau mondial sinon qu’elle n’aura aucun effet. Je laisse la parole à l’économiste Frédéric Lordon dont l’expertise est plus propre à convaincre que la mienne : « Car à moins de poursuivre la chimère de la re-régulation mondiale, que sa magnifique ambition rend au moins certaine de ne jamais aboutir, il faudra bien envisager une re-régulation simplement régionale… qui n’ira pas sans dispositifs de protection adéquats, d’une part pour désamorcer toutes les stratégies d’arbitrage réglementaire et d’autre part pour protéger l’intérieur de la « zone financière régulée » de toutes les instabilités venues d’un extérieur demeuré dérégulé – et cela également s’appelle démondialiser.. » in  Qui a peur de la démondialisationLe Monde diplomatique, juin 2011.

Au final,qu’avons-nous à perdre à essayer autre chose ? Qu’avons-nous à perdre à (re)croire au pouvoir du politique face à l’économie ?

Il s’agit de mettre fin à cette concurrence imposée entre salariés des pays développés, forts de décennies de luttes syndicales et salariés des pays en développement, qui ne connaissent que la compétition qu’on leur impose.

Il ne faut pas être expert en économie pour voir que le système a trouvé ses limites.

 Comme beaucoup de citoyens, j’ai commencé à m’intéresser à l’économie quand j’ai compris qu’elle n’était pas réservée à une élite. Et j’ai découvert que ceux à qui elle bénéficie se gardaient bien de montrer qu’elle relevait de choix politiques sur lesquels nous avions notre mot à dire. C’est pourquoi j’avais défendu le Non au Traité constitutionnel, parce qu’il me semblait trop libéral.

C’est la responsabilité des dirigeants politiques de cesser de faire du populisme, de cesser de prendre les citoyens pour des imbéciles à qui on peut tout faire avaler. Le  « travailler plus pour gagner plus » est mort et enterré. Mais le gagner plus en en faisant moins et surtout en en faisant gagner moins à l’Etat est toujours d’actualité ! Les grandes fortunes devraient remercier les fonctionnaires des impôts et ne pas trop opter pour la suppression des services publics. Car le jour où les services des impôts seront privés peut-être ne recevront-ils plus aussi vite leur « petit chèque «  de fin d’année ! On marche d’ailleurs sur la tête puisque ceux qui ont le plus bénéficié du sarkozysme le réfutent en demandant à payer plus d’impôts !

Le PS doit enfin trancher, faire des choix pour la société et pas seulement se présenter comme un potentiel « bon gestionnaire ». La droite et la gauche, ce n’est pas la même chose ! Mais  le brouillage des cartes est tel que l’on peut remplacer tout naturellement DSK par Christine Lagarde à la tête du FMI !

 À nous, socialistes, de réaffirmer nos différences. Et ce clivage de fond ne peut se faire sans propositions fortes, nouvelles et audacieuses.

Arnaud Montebourg porte des idées nouvelles et il redonne espoir à bon nombre  de citoyens qui ne croyaient plus en la gauche, en la politique.

Dans une société où l’on n’y croit plus, il faut remettre le citoyen au cœur du projet politique. C’est ce qui est porté par Montebourg à travers la VI ème République qu’il défend depuis de nombreuses années.

La politique peut agir face au pouvoir économique. Il faut s ‘émanciper du régime financier en restaurant l’Etat, en lui redonnant force et vigueur.

L’Etat doit se donner les moyens de créer les conditions d’égalité et de fraternité qui sont le fondement de notre nation. Ce n’est jamais en supprimant des services rendus aux publics qu’il le fait.

 Refonder l’Ecole, c’est (re) croire en une Education nationale capable de faire réussir tous les élèves. C’est revaloriser les enseignants et tous les personnels qui travaillent à l’épanouissement des élèves. Il faut se donner les moyens de faire réussir l’Education nationale : réduire les dépenses de ce ministère, c’est réduire la qualité de formation de nos enfants. C’est donc faire peu de cas de l’avenir de notre pays. L’argent utilisé pour l’Education nationale n’est pas une dépense, c’est un investissement !

Le gouvernement actuel veut casser l’Ecole publique pour développer l’enseignement privé. Il surfe sur le thème, les profs sont des fainéants qui font grève ou sont malades en permanence. Mais qui croit aujourd’hui à ces discours sur le nombre d’élèves par classe qui n’aurait pas augmenté ! Qui croit à ces moyennes qui font semblant de dire que l’on fait cours devant des effectifs réduits ? Une classe de 6° à trente élèves est monnaie courante aujourd’hui alors que toutes les études soulignent qu’un groupe classe réduit amène plus de réussite pour  l’ensemble.

Nous vivons une époque où la consommation, l’argent sont vénérés comme des veaux d’or jusqu’au (surtout !) sommet de l’Etat. Le fric, le bling-bling, l’étalage de sa sexualité … ..Aura-t-on droit bientôt à un communiqué de l’Elysée pour la première dent du petit ? Une déclaration officielle au JT de TF1 pour son premier mot ? La future Marianne aura t-elle pour modèle Carla et la première dame va t-elle nous remasteriser la Marseillaise ?

Finissons-en avec cette vulgarité qui fait honte aux héritiers de Voltaire, d’Olympe de Gouges,de Zola que nous sommes !

Retrouvons le chemin des valeurs qui fondent la gauche, la recherche de la justice, la défense des plus faibles, le combat contre l’injustice, l’émancipation des êtres, la quête d’une société plus harmonieuse et libre.

Génération sacrifiée sur l’autel de la consommation, à nous de croire à nouveau au collectifau politique, à la fraternité.

Ce ne sont pas de vains mots ni du lyrisme bien pensant ou bobo. C’est avec ces convictions chevillées au corps que nous devons faire de la politique.

L’élection présidentielle sera difficile car on nous inculque depuis trop longtemps maintenant l’individualisme, l’argent roi : les heures supplémentaires en sont un bon exemple. On en prend tous quelques-unes (maison à payer, études des enfants, vacances…) mais au détriment de l’ensemble.

On sait combien les Français ont besoin d’une autre idéologie. Le référendum de 2005 a montré cette volonté de prendre en main son destin, ce refus d’un libéralisme outrancier, cette envie de parler « vie de la cité ».

La politique intéresse quand elle est capable de peser, quand elle peut infléchir les lignes.

C’est cela que propose Arnaud Montebourg :une politique volontariste qui ne peut plus se cacher derrière un plus grand qu’elle.

Il faudra, demain, faire des choix et les assumer.

Voter Arnaud Montebourg aux primaires socialistes, c’est faire ce choix d’une autre société, c’est faire le choix d’un projet audacieux, de gauche et écologiste.

Rejoignez les volontaires qui défendent ces idées !  (  21@arnaudmontebourg.fr)

Votez Arnaud Montebourg  !


Céline Maglica,mandataire Côte d’Or.

Publié dans ARNAUD MONTEBOURG 2012

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