ET SI LA GREVE N'ETAIT PLUS LE BON MOYEN POUR FAIRE PLIER LE GOUVERNEMENT ET LE PATRONAT

Publié le par Rénover Maintenant 21

La notion de grève remonterait à l’antiquité égyptienne, mais c’est sans doute avec la révolution industrielle qu’elle est devenue le moyen d’action efficace que l’on a connu.
Cette idée a donc traversé les siècles honorablement.
Mon propos n’est évidemment pas de remettre en cause le droit de grève, le chef de l’Etat et sa majorité s’en chargent.
La grève du 18 octobre 2007, initiée par des syndicats unis a été incontestablement un succès.
Mais dès le soir de cette grève des fissures apparaissaient dans le front syndical et de fait en matière de transport, l’exercice est délicat : pour les services publics de transport, l’arrêt total est toujours très mal vécu par les utilisateurs.
De plus, dans un contexte difficile où le chômage reste à un niveau élevé, il y a peu de travailleurs du secteur privé qui se risquent à se joindre aux mouvements de grèves le plus souvent initiés par les salariés du secteur public, même si beaucoup sont conscients d’une nécessaire union de l’ensemble des salariés.
Lors de cette dernière grève on a vu qu’un certain nombre de paramètres avaient joué en minimisant la portée du mouvement pourtant historiquement très fort (75 % de grévistes) ainsi les usagers ont utilisé, de gré ou de force les RTT, l’informatique a commencé à modifier la donne, soit en favorisant le co-voiturage soit encore en permettant à un certain nombre de salariés de travailler chez eux.
Ce n’est qu’une amorce, mais on peut supposer que cette évolution risque, au bout du compte, de ne pénaliser que les plus modestes.
Par ailleurs, le pouvoir actuel, qui est passé maître dans l’art de monter les français les uns contre les autres, accentue le risque d’isolement des travailleurs des services publics en les présentant, avec l’aide des médias, comme des privilégiés.
Face à cela, le préalable, contenu dans le pacte présidentiel de Ségolène ROYAL, est le renforcement de  la démocratie sociale.
Il faudra rechercher des nouvelles pistes d’action, ici aussi, plus adaptées au monde où nous vivons, des actions qui rassemblent salariés du secteur public et du secteur privé : les agents d’E.D.F. s’étaient  attirés la sympathie des usagers en menant des actions visant soit à couper l’alimentation en énergie électrique des propriétés de grands patrons soit en rétablissant le courant chez des particuliers défavorisés privés d’électricité parce que n’ayant pas les moyens de payer, ou encore les péagistes des autoroutes laissant passer gratuitement les automobilistes.
La paralysie de l’outil de production n’est plus forcément le seul outil pertinent pour exprimer et faire aboutir des revendications, et dans un monde où le capitalisme financier triomphe, il est indispensable de réfléchir à de nouvelles formes d’action, par exemple, en utilisant les mécanismes boursiers pour toucher les actionnaires.

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