LA CHASSE AUX FONCTIONNAIRES EST OUVERTE

Publié le par Rénover Maintenant 21

 
Le président de la République est allé à l’Institut Régional d’Administration de NANTES expliquer à de futurs fonctionnaires, et à travers eux à la FRANCE entière, sa conception de la fonction publique de demain et les réformes qu’il entend initier dans ce domaine : il veut « refonder la fonction publique ». Nous avons déjà rappelé ici les fondements du statut de la fonction publique et des fonctionnaires, nous n’y reviendrons pas.
Il faut juste souligner qu’en période de forte croissance et de plein emploi, les salariés du secteur privé ont pu, dans le passé, pendant les « 30 glorieuses »,  toucher jusqu’à 16 voire 17 mois de salaire et n’avoir aucune crainte pour leur emploi.
A cette époque, les agents de la fonction publique voyaient leur rémunération revalorisée tous les 2 ou 3 ans en fonction de leur échelon, augmentée du coût de l’inflation et il se trouvait, alors, peu de salariés du secteur privé pour envier leur situation.
Aujourd’hui « grâce » au libéralisme, au capitalisme financier et à la mondialisation, la croissance est en berne, le chômage menace tous les salariés du secteur privé qu’ils soient cadres ou employés, la précarité devient la règle et les rémunérations stagnent : par un effet mécanique le statut de la fonction publique apparaît comme un avantage.
Cette idée, proclamée par le chef de l’Etat, relayée dans les médias par des pseudo-experts en tout, du genre de CLOSET ou BONALDI, dans des émissions de radio ou de télévision, dont le niveau est à peu près égal à zéro, est alors bien diffusée dans les esprits.
Ces mêmes pseudo-experts s’inquiètent de voir le nombre de fonctionnaires territoriaux augmenter alors que celui des fonctionnaires d’Etat baisse ! Ceux-là n’ont pas remarqué que l’acte II de la décentralisation lancé par Monsieur RAFFARIN était passé par là et que les collectivités et en particulier les départements avaient « récupéré » les personnels chargés de l’entretien des routes et des collèges, les régions ceux des lycées, par exemple.
Pour ces dernières, quasiment toutes à gauche, la situation va être rude, car au niveau des compensations financières après transfert de compétences, le compte n’y est pas et là aussi mécaniquement les impôts augmenteront !
Aujourd’hui, compte tenu de cette politique de réduction drastique des effectifs de la fonction publique, les collectivités locales vont être mises en grande difficulté : l’Etat ne peut déjà plus apporter son aide aux communes pour l’entretien des voies communales, bientôt les communes ne pourront plus avoir recours aux agents de l’Etat pour instruire les permis de construire et les certificats d’urbanisme, par manque de personnel.
Alors les communes devront soit se tourner vers les entreprises privées soit créer leurs propres services : toutes choses que le contribuable devra bien entendu payer.
Alors, de la  part du président de la République, faire croire que le non remplacement d’un fonctionnaire de l’Etat sur deux résoudra les problèmes de la France est un mensonge et à service public constant les français paieront toujours autant.
Le non remplacement, un peu bestial, d’un fonctionnaire sur deux qui part en retraite, participe d’une vision purement comptable, comme toujours avec les libéraux, du traitement du problème posé : les chiffres, les quotas, les résultats…
Nous, socialistes, ne pouvons être d’accord ni sur le fond, ni sur la méthode, même si, dans ce domaine, comme d’en d’autres, nous pouvons reconnaître qu’il faille envisager des réformes.
Il s’agit là d’une remise en cause des services publics et donc de la manifestation de la solidarité, qui est l’un des piliers de notre engagement.
C’est vrai, cette solidarité a un coût et ce coût doit être équitablement reparti sur l’ensemble des français.

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Henri RM21 28/09/2007 18:33

Moi aussi je trouve que la "chasse aux fonctionnaires" est  de plus en plus forte et  qu'il faut  arrêter.Dans le dernier "Alternatives Economiques" , Denis Clerc  le dit très bien , en critiquant l'idéologie selon laquelle il y aurait trop de fonctionnaires : "..Au lieu de dire "Trop de fonctionnaires", ne conviendrait-il pas de dire :"Trop d'actionnaires" ?