STEPHANE ROZES A FOURAS

Publié le par Rénover Maintenant 21

Etre de gauche, ce n’est pas proclamer des valeurs ;
c’est montrer qu’on veut transformer le réel
Cette élection présidentielle de 2007 rompt avec plus de 25 ans de retrait des français de la vie politique : les Français sont tous allés aux urnes, non pas à cause de tel ou tel thème, mais à cause de la personnalisation du candidat.
Avant d’être social, comme on l’a cru, le problème était d’abord moral et politique :
OU SE TROUVE LE POUVOIR ?
QUELLE EST NOTRE IDENTITE POLITIQUE ?
Les Français trouvent insupportable qu’oN leur dise : « Ce n’est pas notre faute, c’est la faute à l’Europe ». Ils veulent savoir où est le pouvoir. Cette élection ne s’est donc pas faite sur le social mais sur la cohérence entre le candidat, ses valeurs, et son projet.
Au sein du PS, Ségolène Royal l’a emporté non parce qu’elle serait plus à gauche ou à droite que tel ou tel, mais parce qu’elle veut rendre le pouvoir aux citoyens.
Nicolas Sarkozy l’a emporté parce qu’il a dit : « Si on veut, on peut ».
 
Bien sûr, il y a des valeurs de droite, et des valeurs de gauche. Le pays, quant à lui, est idéologiquement à gauche ; par exemple, il croit à la nécessaire intervention de l’Etat. On ne peut pas dire que Nicolas Sarkozy, pour l’emporter, ait décliné des valeurs de gauche; on ne peut pas dire non plus que, pour l’emporter, Ségolène Royal ait décliné des valeurs de droite. Ce qu’on peut dire, c’est que chacun des deux a compris que les valeurs qu’il déclinait étaient celles de son pays.
Ségolène Royal a cherché à construire une cohérence entre ces valeurs et son projet. Elle n’a pas totalement réussi. Non parce que sa relation avec le PS était mauvaise, mais parce que le PS faisait écran.
Elle a choisi, à la fin, une porte de sortie, façon de botter en touche : l’anti-Sarko. Les Français s’en foutent. Ils veulent savoir ce qu’elle veut. Dire que Sarkozy est dangereux ne montre en rien la cohérence du projet PS.
 
Nicolas Sarkozy l’a emporté sur le possible : « Là où doit aller le pays, ce n’est pas à cause d’une contrainte extérieure, ce sera à cause du contrat entre moi et le pays. Je vais porter la volonté populaire à l’Elysée ». Il s’expose, il prend des risques : il a une légitimité totale.
 
Au sein du PS, Ségolène Royal l’a emporté parce qu’elle proposait une solution propre à elle.
La première gauche disait : « Voici mes valeurs ».
La seconde gauche disait : « On ne doit promettre que ce qu’on doit tenir ».
La gauche de la gauche disait : « Ils vont trahir ».
Ségolène a dit : « La démocratie participative demande à chacun d’être responsable de sa part de pouvoir ».
 
La question centrale est celle du pouvoir : le Parti Socialiste est-il candidat à résoudre l’ensemble des problèmes du pays ? Le pays est à gauche sur les valeurs et à droite sur le possible. Etre de gauche, ce n’est pas proclamer des valeurs ; c’est montrer qu’on veut transformer le réel, montrer que le souhaitable est possible.
Henri RM21
 
Résumé de l’atelier animé par Stéphane ROZES(*) à FOURAS.
(*)Directeur Général Adjoint de l’institut de sondage CSA-TMO et Maître de Conférence à Sciences Po,

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