CAPITALISME et LIBERALISME - PERSONNE et INDIVIDU

Publié le par Rénover Maintenant 21

Ce  30 mai 2007 avait lieu à Dijon une table ronde sur l’économie sociale. Dans ce cadre, Alain Leroux, philosophe et économiste, nous a fait une petite explication sur le capitalisme et le libéralisme.
 
Le capitalisme, c’est un mode de production.
Le libéralisme, c’est une philosophie sociale, c’est-à-dire une construction mentale,quelque chose qui permet de donner du sens et donc peut alors dicter nos actes, nos lois.
 
Essayons un test. Parlons des « trente glorieuses » (les années 1945-1975)
Pouvez-vous dire si la société d’alors était capitaliste ?
Pouvez-vous dire si la société d’alors était libérale ?
Réponse : les plus de 40 ans, ceux qui ont vécu ça, répondent clairement OUI à la première question. Pour la seconde question, la réponse est moins évidente.
 
Regardons un symptôme. En 1975, on pouvait passer l’agrégation de philosophie sans avoir lu HAYEK. Alors, HAYEK et le libéralisme n’étaient connus que de quelques cercles d’initiés. Maintenant, la pensée libérale est partout.
 
Autre symptôme encore: la gauche de la gauche, pour se définir, se nomme « la gauche anti-libérale ». Le PCF, hier anticapitaliste, se dit maintenant d’abord anti-libéral.
 
Une conséquence de l’invasion du libéralisme au plus profond de nos têtes se voit dans le langage ordinaire, au sujet de la juxtaposition-opposition de deux mots : INDIVIDU et PERSONNE.
Le libéralisme parle d’individus.
La personne, c’est au contraire l’être humain, en tant qu’il ne se résume pas à avoir faim, avoir soif, avoir peur… ; mais c’est l’être humain qui a une recherche : « faire de sa vie quelque chose ».
L’individu, c’est l’homme qui résout ses problèmes.
La personne, c’est l’homme qui cherche du sens, qui a besoin de l’autre, des autres, d’affection, de sympathie : la relation sociale est fondamentale.
Les libéraux, certes, acceptent qu’on ait une quête de sens, qu’on parle de la personne : mais pour eux c’est réservé à la sphère privée, à l’intimité. Dès qu’on sort, on n’est plus qu’un individu : le marché est l’institution qui régit le rapport à l’autre; le paradigme est le contrat, dont le ressort est l’intérêt.
 
Lutter contre le libéralisme, c’est aussi se souvenir, mettre en œuvre, que nous ne sommes pas que des individus, nous sommes d’abord des personnes.

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