POINT DE VUE SUR LA CAMPAGNE

Publié le par Rénover Maintenant 21

Emmanuel TODD, historien sociologue et démographe,interrogé par France Culture,nous donne son point de vue sur plusieurs aspects de la campagne en cours.

Les candidats n’arrivent pas, ou mal, à saisir la réalité du pays: angoisse économique, angoisse de la mondialisation. La Chine, par exemple, fait peur ; faut-il, pour résister à la Chine, installer, comme eux une dictature et le blocage des salaires ?
 
BAYROU : c’est à pleurer de rire : c’est le fantôme de Raymond BARRE et de PINAY qui revient !
 
Extrême fragilité de SARKO : il n’a rien dans son programme. Il suffit que BAYROU se manifeste pour que SARKO s’effrite.
 
La réalité de la France, ce ne sont pas les sondages, ce sont les émeutes de banlieues, le NON au TCE, le succès de la gauche aux élections régionales. Les sondages ont donné, d’abord, l’opinion des classes moyennes supérieures puis peu à peu les classes « moyennes – moyennes ».
 
SARKO , il suscite la peur; il est à genoux devant les américains; il est associé aux gens qui croulent sous le fric : il ne peut pas gagner. Ce sont les grands médias privés qui le maintiennent en position dominante. Depuis qu’on est en campagne, il dit tout et son contraire et cela inquiète beaucoup.
 
Le discours de BAYROU est, lui aussi, inquiétant. « Ni droite ni gauche » : pour la démocratie, il faut une gauche et une droite; son idée d’un consensus ne concerne que la réduction de la dette publique, c’est un peu léger. . « Ni droite ni gauche » : il veut enlever le conflit. Dans une société où les conflits s’aggravent, c’est nier la réalité que de dire « Ni droite ni gauche » .
 
La gauche de la gauche : ils sont hyper individualistes. Comme les autres ils sont ravagés par cet hyper individualisme et incapables d’un projet collectif. Certes ils sont émouvants quand ils dénoncent les injustices mais incapables de proposer une régulation collective de la mondialisation.
 
Les électeurs sont très intelligents, très compétents. Ils savent d’intuition que SARKO est l’homme des riches; ils savent qu’ils seront tous traités comme des immigrés si SARKO devient président. Ils sont dans la précarité, les difficultés et savent qu’avec lui ça sera pire.
Il y a en France une détestation profonde contre SARKO : BAYROU arrive et tous vont vers lui, non pas à cause de son programme, mais pour fuir SARKO.
 
La lutte contre la fracture sociale, c’est le protectionnisme européen. Quand j’en ai parlé à De VILLEPIN, je l’ai convaincu ; mais hélas CHIRAC a dit : NON.
Le libre-échange est en train de casser la machine européenne ; si on refuse ce protectionnisme, l’euro va exploser. Pour le mettre en place il faut deux conditions :
1)     la première : aller contre le conformisme des économistes officiels, les « chiens de garde » du système.
2)     la seconde : que nos politiques négocient amicalement mais durement avec l’Allemagne, puissance économiquement dominante en Europe. L’Allemagne est idéologiquement libre-échangiste, mais en pratique elle protège son marché intérieur. Il faut amener les Allemands à accepter que l’Europe augmente les salaires et augmente la demande intérieure, en mettant des barrières aux frontières. Attention, le protectionnisme ce n’est pas l’autarcie ! Ca peut amener à augmenter les échanges internationaux, si l’Europe de vient plus forte.
Merci à Henri pour cette Transcription (émission du lundi 12 mars 7H - 9H)

Publié dans PRESIDENTIELLES 2007

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jpp 15/03/2007 08:52

C'est malheureux à dire mais la politique française est dictée par Bruxelles et des technocrates non élus.

arnaud 14/03/2007 14:23

J'ai ouvert un blog politique sur http://desirsdavenir86000.over-blog.net/ alors venez le voir et dite ce que vous en penser dans les commentaires pour que je l'ameliore, merci d'avance!!!!