L'EDITO d'Arnaud MONTEBOURG DANS LA LETTRE RM

Publié le par Rénover Maintenant 21

A nous de nous faire gagner, en étant à l’avant-garde de la campagne de Ségolène Royal !
 
La campagne présidentielle prend son envol : les trois partis -le nôtre, le Parti Radical de Gauche, le Mouvement des Républicains et Citoyens- sont désormais rassemblés dans l’ensemble de leurs composantes autour de Ségolène Royal.
Ils le sont sur les bases de la candidate disposant, parce
qu’elle l’a arraché de haute lutte, d’un mandat de rénovation conquis avec notre aide et notre soutien dans le parti socialiste au mois de novembre.
 
Les débats participatifs ont ouvert la marche vers la « Révolution démocratique »
 
Les débats participatifs, qui ont marqué la première phase de la campagne entre début décembre et le 11 février, ont provoqué beaucoup de doutes sur les choix stratégiques de la campagne. Ils ont dérouté nombre de nos camarades, militants et élus, au sein du Parti. Les critiques n’ont pas manqué en interne.
En externe, tout au long du mois de janvier, la concentration et l’intensité des tirs venus des rangs de la droite et des cénacles médiatiques nationaux,pointant la prétendue absence de programme de notre candidate, ont permis de prendre la mesure du risque que représentaient les débats participatifs pour nos adversaires politiques.
Ils en savent la puissance « révolutionnaire », ils ont cherché à l’étouffer pour ramener la candidature de Ségolène Royal sur leur terrain.
Peine perdue, bien que chacun d’entre nous mesure combien il a été difficile de garder le cap.
Ces débats ont permis de rendre irréversible le choix d’un
bouleversement du système institutionnel et politique
qu’annonce le Pacte Présidentiel, bouleversement annoncé dont la portée est rarement vraiment prise en compte.
Véritables leviers de la rénovation, ils ont créé les conditions – fait unique dans les annales des élections présidentielles de la Ve République- d’une entrée de ceux qui n’ont pas la parole ou croient ne pouvoir jamais l’avoir, dans le système de décision politique.
Ségolène Royal, à la Halle Carpentier à Paris, le 6 février dernier a poursuivi cette ligne d’une façon audacieuse : « Je veux être la présidente des sans voix, de ceux qui n'ont jamais droit à la parole. Et je m'engage à ce que cette parole ne vous soit jamais confisquée car notre dialogue d’aujourd'hui préfigure la façon dont j'entends, demain, gouverner la France avec vous ». Elle théorisait ainsi les apports de cette participation des citoyens à la discussion et à l’élaboration d’un programme, comme elle entend transformer en profondeur les conditions de la prise de décision politique une fois au pouvoir.
 
La République Nouvelle : pour enfin régler les innombrables problèmes dissimulés dans notre pays
 
En résistant aux attaques désobligeantes laissant entendre
que faute d’idées elle serait allée les chercher chez les autres, Ségolène Royal a pris appui sur la société française en pleine crise de défiance à l’égard de son système politique. Ce faisant, elle a ouvert la marche vers ce qu’elle appelle la « Révolution Démocratique », en affirmant la fondation d’une République Nouvelle. Avec l’ensemble des réformes qu’elle agrège les unes aux autres, cette République Nouvelle ressemble à notre VIe République.
Depuis le combat pour la primaire jusqu’au discours de Villepinte, en passant par le rapport de Jean-Pierre Bel qu’il faut lire et étudier soigneusement , Ségolène Royal veut imposer la réforme profonde du système politique. Bien sûr, les puristes y verront un certain nombre d’imperfections. Cependant, la dynamique du changement en profondeur du système politique est lancée et rien ne pourra l’arrêter après les victoires électorales de mai et juin prochain. Ajoutons la révolution relative au système de représentation sociale, les nouvelles règles de la négociation sociale qui en découleront, tout cela pourra faire de la France, un pays capable, dans le logiciel sixièmiste qui sera le sien,
d’être davantage démocratique, davantage délibératif et beaucoup plus apte à passer des compromis durables pour régler les innombrables problèmes que la France a jusqu’à présent dissimulés pudiquement sous les tapis de la République.
 
Face aux dégâts du libéralisme, les Français veulent reconstruire l’intérêt général
 
Les débats participatifs ont clairement montré une France
antilibérale cherchant à bâtir un nouveau compromis politique et social avec le système productif, rejetant les abus de l’économie financière,réclamant des solidarités actives à travers les services publics, modernisés mais solides, et désirant le renouvellement de notre modèle social par un renforcement des garanties collectives, face à l’offensive des ultra libéraux préconisant le recours en toutes matières à la responsabilité individuelle.
Dans ces débats participatifs, les français qui se sont présentés et ont pris la parole ont démontré une maturité et un sens des responsabilités tout à fait impressionnants, recherchant par leur propre contribution à construire l’intérêt général. Ils ont exprimé la volonté de se réconcilier avec les choix politiques du pays et de l’Europe afin de nous tenir plus fermement debout face aux périls destructeurs de la mondialisation libérale.
Là encore, le progrès de nos idées dans le parti, dans le projet, puis enfin dans le langage et les discours de notre candidate Ségolène Royal, a achevé un parcours difficile mais désormais en voie de concrétisation pour les positions que nous défendions avec tous les rénovateurs du congrès de Dijon : l’émergence et l’imposition de normes sociales et environnementales dans le commerce mondial, la lutte ouverte contre les paradis fiscaux. Notre candidate nous a permis de déclencher l’offensive contre la résignation que les ultra libéraux installent dans les têtes à l’égard de la mise en concurrence des systèmes sociaux, des systèmes fiscaux, des niveaux de salaire par les dumpings social et fiscal.
Tous ces thèmes sont installés dans la campagne, dans le pacte présidentiel et dans le langage politique commun à travers la nécessité toujours rappelée de « protéger les salariés de l’Union Européenne ».
 
Une synthèse nouvelle, pour fortifier les garanties collectives
 
Ségolène Royal s’est engagée dans la même voie que les
Démocrates américains qui n’ont pas seulement gagné sur le terrain de la guerre en Irak, mais également sur ce que le Financial Times a stigmatisé sous l’expression de «economic populism », c'est-à-dire la nécessité de reconstruire des marchés à l’échelle des continents et non plus à l’échelle de la planète, qui sont gravement dérégulés, augmentent les inégalités entre les pays du nord et les pays du sud, au sein des pays du sud comme à l’intérieur des pays du nord. Cette avancée résulte de l’alliance que Ségolène Royal a passée à travers nous avec les forces du Non à l’intérieur du parti, et à l’extérieur du parti, devant l’opinion, avec des forces comme Jean-Pierre Chevènement et son mouvement politique. Cette alliance politique construit un discours équilibré où Ségolène Royal assume la réconciliation avec le système productif, dès lors qu’il est industriel, enraciné, partageant les fruits du travail, pendant qu’elle refuse le système de l’économie financiarisée, où dominent les actionnaires, lequel s’appuie sur la mondialisation pour imposer des lois économiques qui tiennent en échec l’ensemble des garanties collectives que nous voulons
fortifier. Cette alliance politique a permis à notre candidate, qui avait défendu le Oui, de tirer les leçons du Non sur les terrains européen, économique et social.
Cette synthèse nouvelle, plus forte et plus puissante, dans
laquelle nous portons nos positions politiques, devrait à l’issue du combat dans lequel nous sommes pleinement engagés, voir se concrétiser l’essentiel de ce pour quoi nous militons ensemble depuis plusieurs années.
 
 
A nous de nous faire gagner. Soyons à l’avant-garde de cette campagne !
 
 

Publié dans PRESIDENTIELLES 2007

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jp 13/03/2007 13:51

c'est sûr rien n'est comme avant au PS, on ne comprend plus rien dans les positions de  chacun et la stratégie du parti qui prend une option apparemment franchement droitière.
Pour qui voter je m'interroge encore. 

gerard cariteau RM21 10/03/2007 09:56

Voilà l'éditorial que nous attendions.Il replace clairement Rénover, Maintenant comme un élément important dans le processus de campagne de la candidate du PS et ouvre les perspectives.Bien évidemment, il n'y a pas dans le Pacte Présidentiel de Ségolène Royal, comme un certain nombre de camarades ont pu l'exprimer ici où là, tout ce que nous pouvions espérer et qui correspond à nos convictions, mais c'est un premier pas.Ne nous trompons pas de temps, celui du congrès n'est pas encore venu.Arnaud Montebourg a fait preuve de clairvoyance politique continuons à le soutenir et quelque soit le résultat, rien ne sera plus comme avant au PS pour peu que nous restions soudés et vigilants