LA JEUNESSE

Publié le par Rénover Maintenant 21

L’un : au fait, tu as écouté, Ségolène ROYAL propose des Centres d’accueil pour les jeunes délinquants, encadrés par des militaires, qu’est-ce que tu en penses ?
 
L’autre : c’est sûr, ça va faire grincer des dents, mais j’ai compris aussi qu’il était question de proposer à ces jeunes d’effectuer des actions humanitaires, ce serait un bon moyen de les amener à participer à l’effort collectif.
 
L’un : mais, dis donc, on ne reviendrait à une sorte de Service Militaire, par hasard ?
 
L’autre : et bien, parlons-en : et si on faisait l’inventaire des intérêts que représentait cette obligation à servir la France, par rapport aux contraintes qu’elle imposait, on pourrait être surpris nous-mêmes …
 
L’un : c’était quand même un handicap pour les études, pour les jeunes qui étaient chargés de famille, ou une rupture mal vécue dans le déroulement d’une carrière, et d’ailleurs certains patrons refusaient d’embaucher ceux qui n’étaient pas libérés … etc. …
 
L’autre : certes, on ne peut pas écarter les inconvénients là ! Et sans doute que les arrangements du genre « sursis » n’étaient que des palliatifs, mais pour que la formule marche, il faut que ce soit un Service Universel, dont personne ne puisse s’exonérer.
 
L’un : enfin, quoi qu’il en soit, c’était l’occasion de marquer le passage de l’adolescent à l’adulte, et c’est bien vrai que revenant du Service, les hommes étaient regardés autrement par leur entourage, et qu’eux-mêmes avaient un autre regard sur le monde et sur leur propre avenir.
 
L’autre : c’est vrai, souvent en partant au service militaire les jeunes n’avaient pas encore choisi un métier, et parfois même c’est à l’armée qui leur en apprenait un, qui leur faisait passer le permis de conduire, voire leur apprenait à lire : c’était par là un dernier rempart face à l’illettrisme et à la précarité que tout cela induit. Quittant le statut de soldat le citoyen était devenu « apte ».
 
L’un : et oui, et puis aussi, outre la discipline toute militaire qu’on peut contester, c’était aussi l’obligation de suivre des rythmes de vie : l’heure du lever, du repas… et puis aussi toutes les valeurs de respect : respect des autres, respect des différences, respect de l’uniforme, des supérieurs, le courage, la volonté, le partage, et le salut au drapeau tricolore ; Vive la France !
 
L’autre : oui, mais tout cela, ça a un prix et si je me souviens bien, c’est surtout pour des raisons économiques qu’on a supprimé le service militaire obligatoire. Entre l’immobilier, les salaires, les uniformes … tu te rends compte de ce que ça peut coûter à l’Etat ?
 
L’un : oui, mais aujourd’hui, ce n’est devenu qu’un transfert financier vers des organismes d’indemnisation pendant une période plus ou moins longue, où de toutes façons les jeunes sont en recherche d’emploi, et du fait qu’ils sont sans activité aucune, c’est peut-être une des causes de la tentation à commettre des incivilités, surtout que trop souvent les parents et l’école ont démissionnés alors qu’on a pas donné suffisamment de repères à tous ces jeunes fragilisés par l’inquiétude qu’engendre le chômage.
 
L’autre : dis donc, et est-ce que quelqu’un s’est inquiété de valoriser véritablement ce que peut coûter précisément les manifestations de mécontentement de ces jeunes ? Quand ils cassent des vitrines ou qu’ils brûlent des voitures ou pire encore ; au bout du bout, il y a bien toujours le même contribuable qui paye, alors finalement, plutôt que de laisser toute une population dans le désespoir – même momentané - on aurait peut-être intérêt à faire du préventif, comme on le faisait avant avec ce fameux service militaire, plutôt qu’être obligé d’enfermer des gens souvent déstructurés dans des prisons surpeuplées et dans des conditions de vie où il y aurait beaucoup à dire, ou même dans des centres éducatifs fermés, (qu’ils soient encadrés par des civils ou des militaires) mais au sortir duquel ils sont peu ou pas remis en condition de réussir véritablement à s’engager dans une vie digne !
 
Lui :     oui, au fait, les prisons si ont en parlait ? Une autre fois …
            Si j’ai bien compris, tu penses qu’il y avait moins de délinquance chez les jeunes à l’époque du service militaire ?
 
L’autre : sans doute, et puis surtout c’était l’occasion à un moment « M » de vivre pendant   quelques mois une vie de partage, sans distinction de couleur, de croyance ou de niveau social, c’était apprendre à se frotter à l’autorité, à l’obéissance, à défendre les même valeurs … une sorte de laboratoire de la vraie vie.
 
Lui :     du coup : un service … militaire … ou humanitaire : une idée neuve pour lutter contre la délinquance ? un vecteur d’intégration ? un facteur d’égalité des chances ?
 
L’autre : oui, ce serait pas mal de trouver quelque chose à proposer entre la sortie du système scolaire et l’entrée dans le monde du travail, surtout quand on sait qu’il y a parfois un long temps  à passer entre les deux.
 
Contribution au débat  par Alain PIERRE

Publié dans EDUCATION

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Henri 25/02/2007 19:22

Sur ce sujet des jeunes et de l'armée j'ai trouvé un très bon commentaire dans LE MONDE, à la rubrique du juge  Jean-Pierre Rosenczveig (je cite ci-dessous le lien et quelques extraits)
Henri RM21

Ségolène, les jeunes et l’armée
 


http://jprosen.blog.lemonde.fr/2007/02/14/segolene-les-jeunes-et-larmee-183/
1° remarque : ce n’est pas d’aujourd’hui que les pouvoirs publics feraient appel à l’armée.
 

2° remarque : qu’attend-on de l’armée ?
 

3° remarque : oui certains jeunes sont très durs et refusent toute autorité un peu comme des chevaux sauvages, et je conçois que la comparaison puissent choquer, refusent la selle que l’on veut leur imposer. Il faut qu’ils se heurtent à une autorité qui leur permettent de se structurer.
 

En d’autres termes, il faut approfondir le Pacte proposé en affirmant qu’il faut convaincre les enfants et les jeunes de ce pays qui sont à la marge , ailleurs, qui sont donc dangereux pour autrui et pour eux-mêmes que la société va les protéger par la loi.
 

 

EricRM21 25/02/2007 10:25

Bonjour Pierre,
Tu parles du service militaire des années 1970/1980. Pour être réglo, il faut rappeler qu'au Serv Militaire ( SM non pas sado maso) , tu pouvais être emmener vers n'importe quel conflit . Aujourd hui, nos petits gars pourraient aller en Afrique, et il y a qlq temps en europe de l'est . Certes les voyages forment la jeunesse.
En revanche, il est tjs possible de donner aux jeunes. C'est du boulot CDI, car leur SM aujourd'hui c'est la précarité. Les sommes allouées à notre vieux SM, pourraient servir nos PME en complétant les charges d'employeur.
Malgré entre ne rien faire et la proposition de SR, je valide SR .
Bon débat
EricRM21