AU-DELA DE LA TAXE CARBONE...

Publié le par Rénover Maintenant 21

Photo REUTERS/David Gray

Pour paraphraser une réplique célèbre de Georges CLEMENCEAU, on pourrait dire que la protection de la planète est une chose trop sérieuse pour la confier aux seuls écologistes. Aujourd’hui tout le monde est écologiste et tout le monde veut sauver la planète. Plus on s’approchera des élections régionales et plus ce sera le cas, pour une raison simple c’est que tous les partis veulent engranger les 16 % réalisés par EUROPE ECOLOGIE aux européennes.
Du coup, en cette période de rentrée politique et alors que se succèdent les universités d’été des uns et des autres, il est bien difficile de ne pas parler de la  taxe carbone.


A LA ROCHELLE, Ségolène ROYAL « a mis les pieds dans le plat », et elle a bien fait.
Parce qu’au nom  de la nouvelle pensée unique qu’est l’écologie, personne n’osait porter un regard critique sur les propositions faites par la commission présidée par notre camarade ROCARD, surtout  moins d’un an avant les élections régionales.


L’intention est louable, quelle est-elle ? Tout simplement réduire rapidement les émissions de CO2 dans l’atmosphère en changeant les comportements des français. Quels sont les outils dont dispose le pouvoir pour mettre rapidement en œuvre une politique allant dans ce sens ? La fiscalité.


Nous, socialistes, n’ayons pas honte de ce mot et de ce qu’il recouvre ; la fiscalité, l’impôt, les taxes, les contributions en tout genre ne sont pas les punitions qui sont infligées à ceux qui ont de l’argent comme le clame la droite, mais tout simplement le moyen de mettre en œuvre une politique de SOLIDARITE.


Le capitalisme est assis sur la notion de croissance, cette croissance était bonne quand elle était génératrice d’emplois, aujourd’hui le capitalisme financier  avec sa course folle aux profits maximum et son individualisme a mis le monde dans l’état où il est ; poursuivre sur ce mode c’est aller à la catastrophe.

Les néo libéraux, et l’UMP avec SARKOZY qui, sous couvert de modernité, entrainent la France dans ce désastre, voudraient nous faire croire qu’ils sont les mieux en capacité à répondre à la question écologique.

Ils sont face à leur propre contradiction et leur incohérence, il n’y a qu’à reprendre le célèbre slogan de campagne du président « travaillez plus, pour gagner plus »…sous entendu pour consommer plus en allant acheter de plus en plus de produits (devenus jetables puisque devant être renouvelés rapidement pour soutenir la production) en voiture dans les centres commerciaux ouverts le dimanche, etc… et au bout du compte on vous applique la taxe carbone pour quoi faire, "je vous le donne, Emile", comme aurait dit COLUCHE, pour que vous consommiez moins ! On a vite compris l’absurdité du système, car il ne s’agit pas d’une caricature mais de la réalité !!!


On pourrait également citer cette ineptie de la droite qui a privatisé les sociétés  d’autoroutes et qui les autorise à augmenter le nombre de voies sur leurs réseaux pour pouvoir écouler plus de poids lourds. Une limitation de la vitesse de ces derniers à 80 km/h avec une interdiction de dépasser aurait sans doute été plus conforme avec le Grenelle de l’Environnement.


Le parti socialiste est pour une contribution climat-énergie, Martine AUBRY l’a réaffirmé lors d’un entretien publié sur le site  Les Echos.fr, parce que c’est effectivement le seul moyen de faire évoluer les comportements à court terme.
Mais il ne faudra pas s’arrêter là, car depuis le milieu du XXème siècle, l’aménagement du territoire et son urbanisation se sont faits pour et autour de l’automobile. Qui elle-même permettait d’offrir de nombreux emplois.


Il faut donc profondément changer le système et élaborer un modèle nouveau où l’homme et son environnement seront au centre. Le parti socialiste est  certainement capable d’apporter sa contribution à la construction de ce nouveau monde.

Dans cette perspective, force est de constater que les stratégies d’appareil ne sont pas à la hauteur de l’enjeu et totalement dépassées. C’est vrai, le Parti socialiste ne pourra pas réussir seul, mais le succès ne sera pas possible sans le Parti Socialiste.

Il y a urgence, le P.S. doit très rapidement se mettre en ordre de marche et les primaires populaires sont l’outil qui permettra de clarifier les choses en terme à la fois de ligne politique et de leadership. Ce faisant, elle permettront d’aller vers un large rassemblement de ceux qui, au-delà des appareils, aspirent à un réel changement à gauche, dans une démarche qui ne sera pas le programme commun dont le concept est aujourd’hui dépassé ni la gauche plurielle qui a échouée en 2002.

Ces primaires doivent avoir lieu au plus tôt, l’heure n’est pas à se disputer la paternité de cette idée, ni à se demander si DSK, parti loin de Solferino pour éviter d’avoir à mettre les mains dans le cambouis, pourra y participer.

Il ne faut pas recommencer l’erreur de 2006.

En 2006 nous avons fais des primaires après avoir élaboré un projet sans corpus idéologique clair et fort (« une tisane tiède» disaient certains), le choix de notre candidate s’est fait trop tard, replié sur nous-mêmes et nos certitudes, notre candidate a défendu un projet qui n’était pas le sien en le faisant évoluer à vue avec  certains membres éminents du PS qui lui savonnaient la planche.

Pour espérer l’emporter en 2012, il nous  faut faire exactement l’inverse !

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