INTERVIEW D'ARNAUD MONTEBOURG DANS LIBE D'AUJOURD'HUI

Publié le par renover.maintenant 21

LIBERATION  mercredi 19 avril 2006 Propos recueillis Didier HASSOUX

Questions à... Arnaud Montebourg, député socialiste de Saône-et-Loire

Dirigeant du courant Rénover maintenant, il plaide pour «un candidat vraiment de gauche».

Rejoignez-vous les nouveaux amis de Ségolène Royal ?

Il est difficile de parler de soutien ou de ralliement à Ségolène Royal : elle n'est pas candidate. Et, si d'aventure elle l'était, nous ne savons toujours pas ce qu'elle veut faire. Le candidat des rénovateurs reste le projet. La presse a décidé de porter médiatiquement la candidature de Ségolène Royal. Ce n'est ni à la presse ni à la droite de choisir le candidat des socialistes. C'est à chacun des militants de se prononcer en conscience. Sa candidature aurait un avantage : elle bouscule les frontières habituelles du PS et empêche le retour de quelques dinosaures. Cela étant, ses déclarations élogieuses à l'égard du blairisme nous inquiètent. Car cette doctrine qui prétend réconcilier socialisme et libéralisme a fait exploser les inégalités, s'est appuyée sur le refus de l'Europe et de l'euro. En 2007, la gauche devra vraiment être de gauche et novatrice. Prendre le risque de ressembler à la droite serait la même erreur qu'en 2002.

Contrairement à vous, Ségolène Royal semble se contenter des institutions de la Ve République.. .

Si elle nous propose un virage blairiste avec les outils archaïques de la Ve République , le courant rénovateur s'opposera à sa candidature. En revanche, si sa recherche de démocratie participative va jusqu'à organiser la VIe République , nous disposons d'un projet et d'un scénario de transition que nous pourrons défendre ensemble.

Le candidat de 2007 doit-il, comme vous, avoir voté non à la Constitution européenne ?

Les socialistes doivent dépasser le clivage oui-non du 29 mai. Dépasser, ce n'est pas oublier. Le candidat socialiste ne peut pas se contenter de l'actuel statu quo européen construit sur une économie exclusivement financière. Il doit porter une part de refus de la mondialisation dérégulée.

Publié dans 6ème REPUBLIQUE

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Rénover Maintenant 21 25/04/2006 00:39

Complètement d'accord avec votre analyse René.
Arnaud candidat à la candidature, on en rêve !! Mais qui sait ? Alors surprise après la publication du projet au mois de juin. Pourquoi pas ?
On prend rendez-vous.
A bientôt et amitiés rénovatrices

René Fiore 24/04/2006 21:47

Après avoir rencontré Laurent, Arnaud va rencontrer prochainement Ségolène car on ne peut ignorer une personnalité, quelle qu'elle soit, susceptible de faire gagner la gauche en 2007. L'intérêt de la candidature de Ségolène réside surtout dans le fait qu’elle piétine ainsi un peu le terrain des gros éléphants, qui ont souvent géré les affaires du pays en donnant trop "de temps au temps" plutôt qu'en entreprenant des réformes courageuses comme une vraie réforme fiscale en faveur des salariés, un autre mode de financement de la Sécurité sociale ou d’autres modalités d’élection des sénateurs, à la proportionnelle intégrale, pour ne citer que ces trois exemples. Mais l’action de Ségolène ces dernières années, c’était avant tout le traitement de problèmes sociétaux tels que la dénonciation du bizutage dans les établissements scolaires, la protection des enfants devant la violence de certains programmes télé, le souci de la qualité de la nourriture dans les cantines, etc... plutôt que celle d'une critique claire de la mondialisation libérale, chère à Tony Blair, qui aurait, paraît-il, comme tous les êtres humains, du bon et du moins bon en lui... On cherche en vain où est le bon côté de Blair après son soutien inconditionnel à la politique de Bush en Irak ou son projet récent de privatisation des écoles publiques… Faire surtout du sociétal quand des millions de salariés n'arrivent plus à boucler leurs fins de mois à cause de salaires trop maigres, sera-t-il suffisant pour séduire tous les électeurs de gauche PS, PC, Verts, MRC, Radicaux, LCR ou autres alter-mondialistes au second tour de l'élection présidentielle?Quant à Laurent, l'intérêt de sa candidature, c'est qu'avec un certain courage, il s'est prononcé pour le NON au TCE, à un moment où tous les sondages donnaient le OUI gagnant à plus de 60% et qu’il ferait plus facilement sans doute le plein des voix au second tour de l’élection présidentielle, car, ne l'oublions pas, les électeurs de gauche ont voté majoritairement NON à ce traité libéral, d’inspiration giscardienne. Mais à son passif, il a été ministre et même le premier d'entre eux. Dans la dernière période notamment, ministre des finances, il a commis une faute grave en baissant les impôts sur le revenu plutôt que les impôts indirects, qui représentent plus de 80 % du budget de l'état (un record absolu !) et qui frappent indistinctement les riches comme les plus modestes. Cette stratégie devait faire gagner la gauche en 2002. On a vu le résultat le 21 avril ! Il serait temps, si la gauche parvient à nouveau au pouvoir en 2007, qu’elle intègre enfin certains impôts indirects dans l'impôt progressif sur le revenu, comme les impôts locaux ou certaines contributions de sécurité sociale telle que la CSG ou la CRDS? Le vrai réformisme de gauche, c’est d’abord cela. Quant au programme, il risque fort d’être d’abord celui du candidat choisi par le PS, 5ème République oblige... Et si pour sortir de ce dilemme, Arnaud était candidat à la candidature ?

Alain Piegay 20/04/2006 14:30

Comme Arnaud a raison le problème actuel du PS n'est pas le candidat ou la candidate. Le PS regorge de Femmes et d'Hommes présidentiables, compétents. Le problème est le projet pour l'instant face aux drames que rencontre notre société nous ne proposons rien de lisible pour nos électeurs. Ce qui les intéresse ce n'est pas qui sera candidate ou candidat mais pourquoi il le sera. Si elle ou il aura un message clair pour rompre avec la politique ultra libérale rejetée à chaque élection. Nous aurons certainement un très bon projet, les militants socialistes y travaillent d'arrache pied il faut espérer qu'ils sauront choisir celui qui nous évitera le drame de 2002. Mais il est bon et important de rappeler que le meilleur gouvernement ne pourra appliquer sa politique sans changer nos institutions. Nous avons tous sous les yeux tous les jours la déliquescence du pouvoir. Il est temps de tourner la page de la 5eme pour celle de la 6eme avec un régime primo-ministériel moderne rendant  aux électeurs confiance en la politique et  à ses représentants. C'est notre combat à R M  

gérard 19/04/2006 21:31

Voilà un discours comme on aimerait en entendre plus souvent......et- j'aimerais qu'il soit entendu par la direction du PS.
Sur la forme ce n'est effectivement, ni à la presse, ni à la droite et encore moins au FN (qui estime SR comme le moins mauvais candidat pour le PS) à décider du candidat du parti socialiste. La direction du PS est muette sur le sujet.
La possible candidature de SR n'est pas à écarter: elle est au PS, ses qualités personnelles, sa pugnacité et son expérience du pouvoir au plus haut niveau, que beaucoup d'hommes politiques pourraient lui envier, la positionne sur une trajectoire de présidentiable.
Restent les idées, et c'est là que que le bât blesse: à mon sens elle à plus à perdre (et avec elle, la gauche) en chassant sur les terres du libéralisme qu'en adhérant aux thèses d' Arnaud MONTEBOURG.
Mais ce qui vaut pour SR est vrai pour tout autre candidat du PS, les français l'ont clairement dit, en particulier le 29 mai. La France ne s'arrête pas au portail de la rue de Solférino!

enzo d'aviolo 19/04/2006 15:32

voilà des propos rassurant pour tous ceux qui croient encore au socialisme plutôt que de louer le libéralisme modéré!
continue Arnaud!