Appel aux rénovateurs

Publié le par Rénover Maintenant 21

Le 2 septembre 2008

Chères et chers camarades,

Je souhaite m'adresser solennellement à vous, après le dernier épisode des tristes convulsions dont le parti socialiste est malheureusement devenu la proie.

Résumons la situation :
Le parti est comme un corps multifracturé ; des divisions accumulées sur les autres, des mésententes inexpiables; la seule recomposition se profilant à l'horizon est celle organisée autour de deux prétendants à l'élection présidentielle.

Cette situation est une catastrophe, non pas en raison des deux personnalités, Bertrand Delanoë et Ségolène Royal, pour qui j'ai amitié et considération, mais en raison de l'affrontement sans limite et sans remède qu'ils nous préparent pendant les futures années qui nous séparent de 2012, précipitant le parti dans une nouvelle guerre des écuries présidentielles au moment où les Français sont aux prises avec de graves difficultés économiques et sociales, et la lourde inquiétude liée à la montée accélérée des périls internationaux.

Le principal parti d'opposition ne peut pas offrir à la France et aux Français une nouvelle division surajoutée à celles nombreuses existant déjà, car cette situation neutraliserait son expression, réduirait à néant son travail d'opposition et de rénovation de son projet.

C'est parce que nous avons ces si graves convictions en tête que nous avons décidé un premier acte de rassemblement au début de l'été en organisant la fusion de nos deux courants « Socialisme & Démocratie » et « Rénover, Maintenant ». C'était un acte courageux qui dépassait les anciens clivages. Il proposait surtout un nouveau cadre stratégique au parti, en marchant, grâce aux primaires ouvertes sur la société, vers le futur parti de toutes les gauches. Il proposait un rassemblement à l'intérieur du parti en mesure de désarmer l'affrontement programmé des présidentiables, de mettre un terme à la direction opportuniste du parti qui nous a mené là, et de préparer la rénovation du projet, et le renouvellement des équipes dirigeantes.

Nous avons décidé ensemble en réunion de contribution, vendredi soir à La Rochelle, de proposer l'élargissement de notre premier rassemblement à nos camarades, proches de Martine Aubry, de Ligne Claire ainsi que du Pôle Ecologique.

C'est armés de ces bonnes résolution qu'avec Christian Paul nous avons multiplié les contacts, les discussions avec ces partenaires afin de rapprocher les points de vue sur le fond. La question du premier secrétaire, entre Martine Aubry et Pierre Moscovici que nous soutenons, a bien sûr surgi comme un risque d'une nouvelle division entre nous. Là encore, il a fallu chercher à rapprocher les points de vue dans des efforts surhumains et bien peu payés en retour, en rappelant aux uns et aux autres que cette question ne se pose que si la motion que nous formerions devenait majoritaire.

En somme, j'ai dit à Martine et ses amis ainsi qu'à Pierre et les siens que Martine, tout comme Pierre, ne peuvent réussir l'un sans l'autre et doivent trouver un terrain d'entente.

Voilà mon travail de médiateur, de conciliateur ou de marieur qui pour l'instant n'a pas produit les effets attendus ! Je n'ai eu droit qu'aux quolibets et désagréables soupçons, alors que l'extrême gravité de la situation méritait compréhension.

Il faut donc reprendre le travail de conciliation et de constitution d'une majorité à partir de notre mandat tel que l'a défini Pierre Moscovici dans notre assemblée générale de vendredi soir.

Mais attention ! Si pour des raisons d'ambitions personnelles, nous ne parvenions pas à nous rassembler, il ne restera de nos efforts pour sauver le parti, que de la poussière.

Je dis à Martine et à Pierre : « Voyez vous maintenant, en tête à tête, et sortez avec un accord de rassemblement et de rénovation du parti. Vous serez remerciés par des dizaines de milliers de militants et des millions de Français d'avoir éviter l'aggravation des divisions au sein du premier parti d'opposition de gauche ».

Si nous échouons à nous rassembler autour d'eux, je vous le dis amicalement, je ne sais pas ce qu'il adviendra et ce que nous ferons. Mais il pourra être dit que nous aurons tout tenté pour réanimer ce parti à l'âme morte.

Je sais les efforts que vous avez fait vous-mêmes pour recoudre sur le terrain les déchirures et travailler à surmonter les désaccords. Je veux vous en remercier infiniment. C'est là notre responsabilité devant l'histoire de notre pays, qui pourrait un jour s'écrire sans le mot socialisme.

Nous avons 20 jours pour réussir.

Bien fidèlement à vous.

Arnaud MONTEBOURG

Publié dans CONGRES DE REIMS

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