Capter le malaise des trentenaires !

Publié le par renover.maintenant 21

Arnaud Montebourg veut capter le malaise des trentenaires

RECONSTRUIRE l’espoir pour une génération "tenue en lisière de la société" - les jeunes de 30 ans. Arnaud Montebourg, député PS de Saône-et-Loire, a réuni ses amis, regroupés dans l’association Rénover maintenant, samedi 18 février, à Saint-Denis, pour réfléchir sur le thème "avoir 30 ans" en France.

Une occasion pour les 450 militants présents de se pencher, avec sociologues, responsables d’associations et élus locaux, sur les difficultés rencontrées par ces trentenaires sur lesquels lorgne M. Montebourg. L’initiative devait permettre d’"intégrer les besoins" de cette génération "empêchée", qui traîne les "boulets" de la dette publique, ne peut croire en une retraite "hypothétique", vit "la précarité du travail" et "la fin de l’ascenseur social", selon Thierry Mandon, maire (PS) de Ris-Orangis (Essonne).

"DÉCOTE DE LA VALEUR DU JEUNE"

Le sociologue Louis Chauvel a souligné la "décote de la valeur du jeune". "En 1977, l’écart de salaire entre les 30 et les 50 ans était de 15 %, il est aujourd’hui de 40 %. Le même temps de travail ne permet plus que de s’acheter ou de louer un appartement qui a une surface un quart moins importante qu’alors", a-t-il noté. "L’immense majorité des 2 millions de demandes de logement social émane des moins de 40 ans", a rappelé Philippe Kaltenbach, maire (PS) de Clamart (Hauts-de-Seine). Pour cette génération, l’histoire et l’idéologie ont moins de sens. "Les jeunes n’ont comme seule expérience que celle de la chute : la soumission des socialistes au réel et la domination exclusive du monde par le capitalisme", a indiqué Yamini Kumar, directrice des études chez Euro-RSCG. Son rapport à la politique en est modifié : "Ce qui prime, c’est l’éthique de la responsabilité."

Précarité, chômage, faibles salaires retardent l’autonomie indispensable pour l’accès à la conscience politique. "En 2006, à 30 ans, on n’est plus dans la problématique de changer la société mais d’y être", renchérissait Karine Berger, jeune cadre de Rénover maintenant.

La gauche et le PS en particulier ont été pointés du doigt. "Les socialistes ne nous laissent aucune place, a dénoncé Fanny Basseg, conseillère municipale. On n’a pas de pouvoir et aucun endroit pour s’exprimer." Pour une jeune fille de Génération précaire, association de stagiaires, "si les jeunes ne sont pas concernés par la politique ou les syndicats, c’est parce qu’ils se retrouvent à faire les figurants". Convaincu d’incarner la "rénovation", M. Montebourg a lancé des "groupes de réflexion", avec pour premières pistes l’abrogation du CPE, la reconnaissance des stages dans le code du travail ou un "plan d’embauche pour les jeunes de quartier".

par Sylvia Zappi

Article paru dans LE MONDE 

Publié dans ACTUALITES

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